Nous étions 7 téméraires randonneurs, qui n’ont pas craint le temps chaotique annoncé par la météo pour ce dimanche, au départ d’une rando de 16 km au dessus de Taulignan.
Nous garons les voitures au parking du Temple, et sous un soleil timide, nous partons vers le sud de la montagne du Rozier en suivant au départ un itinéraire balisé. Petites routes et sentiers dans la garrigue. Le sol érodé laisse à découvert la roche calcaire, et le chemin après la pluie de la nuit se transforme par endroits en ruisseau. Après 3 km nous commençons l’ascension vers la cime du Rozier droit au nord. La montée de 2 km dans le bois de chênes et de pins sylvestres est un peu monotone, mais nous sommes récompensés de nos efforts quand, près du sommet, la vue s’ouvre enfin sur la vallée du Lez. A nos pieds le village de La Roche Saint-Secret, en face de nous la Lance sous un chapeau de brume et vers le nord le pays de Dieulefit, fermé à l’horizon par les 3 Becs et Couspeau.


Nous poursuivons notre chemin toujours vers le nord jusqu’au col Lacroix (671 m) au pied du Mont Rachas. Le sentier, parfois en crête, parfois en balcon dans une forêt de hêtres, nous offre les premières fleurs du printemps : violettes, hépatiques, primevères et pulmonaires.
Au col, nous prenons vers l’ouest jusqu’aux Plaines où nous arrivons à midi. Nous nous installons sur un tronc d’arbre tombé, derrière la vieille ferme, pour la pause casse-croûte. Le ciel est de plus en plus gris et nous ne nous attardons pas.
Nous contournons le champ de lavandes au sud de la ferme pour plonger vers la fontaine de Charroux. Au creux d’un vallon planté de grands hêtres, l’eau sourd sous une pierre moussue.


Le vallon, étroit et très encaissé, conserve les vestiges d’anciennes charbonnières, où l’homme avait exploité le bois des hêtres qui couvrent encore les pentes au dessus de nous. 2 km de pierres et de feuilles mortes et nous débouchons sur une piste. Nous rejoignons le village par des chemins traversant des sol maigres et érodés. Nous sommes à nouveau dans la garrigue, parfois directement sur la roche renfermant de fossiles de bivalves (du Miocène nous dira notre géologue). La vue s’ouvre et nous pouvons voir la Lance et les montagne du Nyonsais à l’est, mais pas grand-chose du Ventoux qui devrait se situé devant nous mais qui est noyé dans les nuages. Le ciel est chargé de tous les côtés sauf sur nos têtes où s’est ouvert un petit trou bleu.


Nous arrivons aux voitures, secs et heureux de notre journée.
La pluie attendra que nous soyons rentrés chez nous et ayons enfilé nos pantoufles.
Qu’est-ce que c’est agréable, la pluie derrière les carreaux !


Merci Aline pour cette randonnée passée à travers les gouttes.

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