Mercredi 21 juin
Nous avons commencé à vivre une expérience unique ce mercredi 21 juin. Grâce à Aline qui a exercé le métier de bergère durant quatre saisons sur les Hauts plateaux du Vercors, nous avons été invités par éleveurs et bergers à participer à la transhumance avec 2223 brebis et une trentaine de chèvres.
Nous prenons notre pique-nique en attendant l’arrivée des brebis au-dessus du parking de Beure, proche du col de Rousset.
Arrivées dans cinq camions à trois niveaux, les brebis seront parquées pendant quelques heures pour se remettre de leurs émotions et laisser le temps aux bergers et éleveurs de préparer la transhumance. C’est un spectacle rythmé que cette descente des brebis des camions, avec celles qui sautent, celles qui suivent tanquillou ou d’autres qui se précipitent sur le premier petit morceau d’herbe. Elles se serrent tellement dans l’enclos que l’on a du mal à imaginer qu’il y a plus de 2000 bêtes.





C’est vers 16h15 que s’effectue le départ ; nous nous chargeons de nos gros sacs contenant le matériel nécessaire pour durer jusqu’au lendemain après-midi. Que nous soyons devant, derrière ou de temps en temps sur le côté, nous allons suivre le rythme des brebis, agneaux, béliers, chèvres et boucs tout au long du parcours de 7km. Un Border Collie, des Patous, des Bergers de Crau, et des Bergers d’Anatolie surveillent la progression du troupeau. Le rythme est lent et nous adaptons notre pas à celui des bêtes à travers les pâturages, les pistes et la nature sauvage. Nous goûtons la beauté des paysages et des fleurs qui parsèment notre itinérance (trolles, lis de St Bruno, gentianes,…) Après avoir franchi le Belvédère (1639m), nous descendons au Pas des Econdus et entrons dans la zone naturelle des Hauts Plateaux du Vercors.





Un peu avant 20 heures, nous quittons le troupeau pour nous rendre à la cabane de Pré Peyret située à 1590m. Certains montent la tente pendant que d’autres s’installent à l’intérieur de la cabane. Dîner convivial à l’extérieur, chacun sachant qu’il venait de vivre une après-midi exceptionnelle et unique.


Jeudi 22 juin
Vers 5h15 quelques gouttes de pluie réveillent les valeureux campeurs qui gagneront assez rapidement la cabane pour se mettre à l’abri. La source d’eau située à 50m servira à préparer un bon café chaud qui accompagnera notre petit déjeuner. Puis c’est l’heure de faire les sacs.
Un petit détour par le Pas de Chabrinel où nous avons une vue magnifique sur le Rocher de Plautret avec, au loin dans la brume, les Trois Becs. Voie de passage depuis l’époque romaine, elle a été empruntée par Aline et son troupeau montant vers les hauts plateaux au milieu des années 1980.
Nous prenons nos sacs et prenons la direction du Grand Veymont ; le ciel gris ne présage rien de bon, et sur le reste de la journée la pluie sera notre compagne de route. Nous passons devant la carrière romaine de la Queyrie. Nous regarderons les marmottes qui nous observent avec attention ; certaines posent pour la photo. Nous y observons aussi des edelweiss.






Nous atteignons un petit sommet face au Grand Veymont, majestueux sommet du Vercors. Un groupe de bouquetins au bord de la falaise semble nous attendre. On passe à la cabane des Aiguillettes, la pluie devient plus violente et il faut redoubler d’attention dans les passages pierreux du Pas des Chattons. Un peu plus loin nous longeons un scialet, puits naturel formé par l’érosion. Proche de la Grande Cabane nous descendons dans un grand scialet qui servait de point d’eau par le passé.
Un autre temps fort de ce séjour a été l’accueil des éleveurs à la Grande Cabane ; on essaie de se sécher auprès du feu qui servira à la cuisson de saucisses et merguez. L’apéritif repas pris en commun nous a permis de mieux connaître la vie en alpage et le travail au quotidien des bergers. Les brebis étant en pâture avec les bergers, même en journée en raison de la présence du loup, nous ne voyons que les animaux nécessitant des soins ou une attention particulière. Avec regret nous quittons nos hôtes et prenons, sous un rayon de soleil, le chemin du retour.



Les gros nuages noirs en face de nous annoncent l’orage et Aline décide d’abandonner les crêtes pour revenir directement au parking. Nous sommes effectivement pris par de très violents coups de vent et un vrai déluge ; en moins d’une minute nous sommes trempés et les chemins se transforment en cours d’eau. Au plus fort de l’orage on se protège du vent près d’un bouquet de sapins. On reprend notre chemin et il nous faudra 1h30 pour regagner le parking sous l’orage. Comme des automates nous avançons avec précaution sur ces pistes. Une nouvelle expérience qu’aucun des 10 participants n’avait encore vécue avec cette intensité.



Un très grand merci à Aline pour l’ensemble de ce séjour inoubliable avec la montée au milieu du troupeau, le repas convivial, la soirée à Pré Peyret et les beaux paysages du Vercors. L’orage a ajouté une note originale que le groupe a affronté malgré tout dans la bonne humeur. JM

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.